L’ostéopathie pour soulager la hernie discale cervicale

Les mots hernie discale font immédiatement penser à cette douleur en bas du dos qui cause la sciatique. Cependant, il existe une autre hernie, plus rare, qui se situe au niveau des vertèbres cervicales. Pathologie très douloureuse, voire handicapante, elle nécessite, pour être guérie, une prise en charge pluridisciplinaire où l’ostéopathie tient toute sa place.

La hernie cervicale ou le cou du disque rayé

Un coussinet comme élément central de l’articulation vertébrale

La colonne vertébrale comporte, en tout, 29 vertèbres : 5 soudées qui forment le coccyx et 24 articulées qui composent la plus grande partie de la colonne. L’articulation entre ces dernières est possible grâce à des ligaments positionnés de part et d’autre et des disques intervertébraux, placés entre elles. Ceux-ci ressemblent à des petits coussins avec, au centre, un noyau ou nucléus, qui est composé d’une substance gélatineuse, riche en eau. Ces disques permettent d’amortir les chocs. Les vertèbres cervicales ont notamment pour rôle de répartir, de façon équilibrée, le poids de la tête sur chacune d’entre elles. S’il arrive parfois qu’un ligament soit abîmé lors d’une hernie discale cervicale, celle-ci touche principalement le disque intervertébral.

Représentation de cervicales

Quand le disque ne tourne plus rond

Lorsque l’un des disques d’une vertèbre cervicale est endommagé et qu’il appuie contre le ligament ou le transperce en allant toucher le nerf collatéral, on parle alors de hernie discale cervicale ou de hernie cervicale. Il en existe deux types :

  • la hernie molle : elle apparaît suite à un traumatisme, souvent causé par un accident de voiture. C’est le fameux coup du lapin. Elle peut également être consécutive à des chocs lors d’une pratique sportive un peu rude, comme durant un match de rugby ou un combat de boxe. On la rencontre également chez des sujets jeunes, confrontés au port de charges lourdes dans leur exercice professionnel.
  • la hernie dure : elle apparaît chez les seniors et résulte de la présence d’une arthrose associée à une discopathie (ce qui correspond à des dommages sur le disque, liés à l’âge). Ces deux éléments peuvent entraîner une compression du canal par lequel passe la racine nerveuse de la vertèbre et générer, en conséquence, une irritation de celle-ci.

Il arrive aussi parfois que la hernie cervicale survienne suite à un accouchement particulièrement difficile, où la colonne vertébrale de la parturiente a subi de fortes contraintes.

Comment reconnaître une hernie discale cervicale ?

Si l’on a affaire à une hernie molle, la douleur au niveau de la nuque est aiguë et rapidement suivie de troubles neurologiques. Dans le cas d’une hernie dure, les douleurs sont chroniques et peuvent se diffuser dans l’épaule et le bras. Dans les deux cas, la raideur de la nuque s’accompagne d’une douleur particulièrement intense, à tel point qu’elle peut entraver, voire empêcher tout mouvement. Celle-ci peut irradier dans le bras ou l’omoplate de façon diffuse ou suivre le trajet d’un nerf, ce qui permet d’identifier précisément la racine touchée. Par contre, ceci est également le signe de la présence d’une névralgie cervico-brachiale, c’est-à-dire qu’au niveau de la vertèbre touchée par la hernie, la racine nerveuse est endommagée.

Une approche pluridisciplinaire pour traiter la hernie discale cervicale

L’approche médicale pour soigner une hernie cervicale

La prise en charge médicale d’une hernie cervicale commence généralement par la mise au repos du patient, pendant deux à trois semaines, afin d’éviter toute sollicitation excessive du cou. Elle est accompagnée d’une prescription d’anti-douleurs, de médicaments anti-inflammatoires et de décontractants musculaires. Le port d’un collier cervical peut être préconisé, mais celui-ci doit être limité afin d’éviter la fonte des muscles de la nuque. Si cela arrive, la faiblesse qui en résultera entraînera le retour des douleurs, voire une aggravation de la hernie. En général, une hernie se résorbe en six à douze mois. Si ce n’est pas le cas, le médecin envisagera de recourir à des infiltrations de corticoïdes, voire à une chirurgie. D’ailleurs, celle-ci est parfois proposée en premier, si le risque d’atteintes neurologiques est trop important.

Hernie discale cervicale

L’ostéopathe : questionner et tester avant de traiter

Lorsqu’un patient prend rendez-vous chez son ostéopathe pour des douleurs cervicales, celui-ci va avoir besoin d’examens complémentaires comme des radios et une IRM pour infirmer ou confirmer la présence d’une hernie cervicale. Le praticien va également réaliser une anamnèse, c’est-à-dire poser des questions à son patient pour préciser les caractéristiques de la douleur.Suivant les circonstances de son déclenchement et les symptômes annexes (douleurs dans les bras, fourmillements, etc.), le diagnostic pourra être affiné. Enfin, en réalisant différents tests ostéopathiques, le praticien pourra juger si le type de hernie auquel il a affaire est de son ressort ou non. Si ce n’est pas le cas, il renverra alors le patient vers son médecin pour, par exemple, étudier la pertinence d’un traitement chirurgical.

L’ostéopathie : une approche toute en douceur pour chouchouter les vertèbres

Une fois que l’ostéopathe s’est assuré de son efficience pour soulager son patient, il dispose d’un éventail de techniques douces qui vont permettre de soulager la hernie sans pour autant réveiller la douleur. Il va commencer par des étirements sur la zone du cou pour redonner de la mobilité à celle-ci et décomprimer le disque concerné, ce qui va diminuer l’inflammation. Le praticien va également traiter les vertèbres à la base du crâne et celles en dessous de la hernie afin de réharmoniser la zone. Il va ensuite éliminer les tensions au niveau des épaules, de l’omoplate et des bras. Il va également rendre sa souplesse aux différentes structures du bassin et de la cage thoracique afin de garantir un meilleur maintien de la colonne vertébrale. L’ostéopathe pourra agir en post-opératoire pour éliminer les restrictions de mobilité au niveau du rachis cervical et aider la cicatrisation. En fin de consultation, l’ostéopathe rééquilibrera l’ensemble du corps du patient pour éviter, entre autres, la mise en place de compensations et garantir une bonne circulation énergétique.

Bien que la hernie discale cervicale puisse entièrement être traitée de façon efficace par la voie allopathique, l’approche ostéopathique permet, d’une part, de prendre en compte la personne dans sa globalité et, d’autre part, d’accélérer le processus de guérison. De plus, dans des populations déjà fortement médicamentées, comme les seniors, l’ostéopathie représente une solution entièrement naturelle pour soulager la douleur.

Les conseils donnés dans cet article ne se substituent, en aucun cas, à un diagnostic posé par un médecin ou par tout autre professionnel de santé, ni à un traitement médical.